Genesis : Le changement dans la continuité.
En effet, Genesis est un des plus vieux groupes de rock encore en activité. Créé en 1967 (seulement 5 ans après The Rolling Stones), le groupe n’a jamais cessé d’être actif sur la scène rock internationale. Tour à tour entre les mains de Peter Gabriel et Phil Collins, c’est sous l’égide de ce dernier, formidable batteur, que le groupe s’émancipe et connaît ses premiers gros succès mondiaux.
1975, Genesis se libère de l’influence excentrique de Peter Gabriel, qui avait donné un accent rock progressif au groupe (caractérisé par une complexité musicale et une grosse place de l’instrumentale) à travers notamment des morceaux longs ("Supper's Ready" – 23 minutes), fouillés et parfois précédés par des speechs (de Gabriel qui officiait au chant).
Les membres restant du groupe (Tony Banks au clavier, Mike Rutherford à la basse, et le futur partant Steve Hackett à la guitare) catapultent leur batteur sous les projecteurs. Phil Collins passe des baguettes au micro et va faire connaître au groupe ses premiers hits. Tout au long des années 80, le groupe connaît une ascension à travers différents morceaux construits sur des formats plus courts ("Follow You Follow Me" 1978, "Turn it on again" 1980,) mais ne reniant jamais ses origines progressives ("Mama" 1981). La consécration vient en 1986, avec un album vendu à 10 millions d’exemplaires : "Invisible Touch".
Parallèlement à l’activité du groupe, ses 3 membres, Collins et Rutherford en tête ont mené une carrière solo avec succès (plus pour Phil Collins c’est certain, mais Rutherford s’est distingué avec la formidable balade "Over my shoulder"). La fin de Genesis survient en 1996. Adieu le trio qui enflammait les ondes avec leurs titres énergiques et puissants, les rythmiques entraînantes, et les riffs de P. Collins à la batterie. Une nouvelle fois, un groupe de rock rescapé d’une époque sur le déclin s’éteint. Hormis pour les fans, leur arrêt est annoncé dans l’indifférence. La musique perd une nouvelle fois un trio d’anthologie. Les profits sont désormais avec les nouvelles stars brandissant haut la bannière du hip-hop, du rap et du RnB, caractérisée par des lyrics qui décrivent la vie difficile de ces hypocrites qui roulent en Ferrari. Quant aux mélodies, pauvres et formatées, elles effacent 30 ans de musique rock (des années 1960/1990), sacrifiées sur l’autel du profit, et ceci dans une ambiance aberrante de quasi-consentement unanime…
Pour le bien de la musique (et directement pour le vôtre), tournez-vous vers le passé, débarrassez-vous des musiques « teen-age » formatées, des voix synthétiques, de l’instrumental quasi-inexistant et des poupées "barbie" chanteuses au timbre mielleux… Montez le volume, ajustez les basses (vive les graves !), et consommez (sans modération) les vieux titres rocks qui ont fondé la musique actuelle. Laissez vous submerger par les synthé de Depeche Mode, les riffs qui giclent des guitares de Guns N’ Roses ou Lynyrd Skynard, les percussions de The Police, la puissance de ACDC, les titres indémodables des Beatles… Les musiciens et chanteurs rock croyaient en leur musique. Il la créait, la vivait et la partageait à travers d’incroyables méga-concerts.
Pour finir, pourquoi de nos jours, observe t-on une telle recrudescence des groupes rocks de ces années ou des multiples reprises ? La musique contemporaine s’épuise dans le star system, se perd dans les méandres de l’argent et s’aliène de ses fondateurs historiques (The Beatles, Bob Dylan, Elvis Presley…). Il y a une demande plus forte que jamais, une nostalgie authentique de ce passé glorieux. Ces artistes n’ont rien à prouver de nos jours, mais tout à donner, tout à vous donner. Aucune époque n’est révolue, cette musique est intemporelle! Pour preuve, Genesis est revenu cette année sur scène et le groupe remplit encore des stades comme si leur rupture n'avait jamais eu lieu ! Vive le Rock, vive le passé, vive la vraie musique.
Vivien Passador






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