Manger du "Black"
Dans moins de 50 jours, la 6è Coupe du Monde de rugby débutera. Et ça se passera dans le cornet de chez nous, une fois ! Pas grand monde sait encore que nous accueillons ce grand évènement mais il va falloir si mettre car si la France rencontre la Nouvelle-Zélande, mieux vaut être trop que pas assez…
« Lâchez moi, je vous en supplie ! » Sursauts, yeux exorbités, transpiration. Calmez-vous, le cauchemar est terminé. Vous venez de rencontrer la légende noire dans votre sommeil. Mais vous devez en passer par là, vous êtes rugbyman pro. Quand vous risquez de rencontrer le mythe de l'ovalie, voici la nuit banale pour tous les joueurs pro du monde cauchemardant à l’idée de rencontrer les « Blacks ».
On peut les comprendre. Ce sobriquet fait écho à haka, Jonah Lomu, 15 brutes la bave aux lèvres près à vous disperser façon puzzle. Ce n’est pas les Français qui diront le contraire. La quadruple dérouillée de novembre dernier (3-47 et 11-23 en France) et du mois de juin (11-42 et 10-61 en Nouvelle-Zélande) restera graver dans la mémoire collective et sur les corps de certains. Ce qui pourrait être préjudiciable pour les futurs calendriers coquins qui pourraient s’appeler les estropiés du Stade…(et dire que certains bleus jouaient leur place pour le Mondial sur ces matchs…courage Castaignède)
Les Kiwis n’en ont rien à faire de tout ce papier glacé. La Coupe du Monde dans le viseur, ils sont passés à l’examen de fin d’année : le Tri-Nations avec l’Australie et l’Afrique du Sud. Examen réussi pour la 3è fois de rang mais uniquement avec mention assez bien cette année. La défaite face à l’Australie fut surprenante (15-20), tandis que la revanche à l'Eden Park, leur stade où ils restent invaincus, à Auckland (26-12) resplendissait davantage. Les autres rencontres contre l’Afrique du Sud furent poussives (26-21 ; 33-6). Les dix dernières minutes furent salvatrices (5 essais sur les deux matchs).
Les Wallabies ont donc prouvé la possibilité de vaincre les invincibles. Depuis 3 ans, ils attendaient ce moment. Malgré tout, que d’efforts pour en venir à bout : il faut de l’abnégation, de la variation de jeu, un Dani Carter dans les choux et mais surtout beaucoup de réussite ! Le revers de ce succès est que les Néo-Zélandais vont retenir la leçon. Tombant de haut, ils ont compris que leurs acquis et leur aura ont des limites pour pouvoir châtier tous les adversaires. Leur puissance physique intacte cumulée à l’adresse de joueurs tels que Joe Rokocoko, Doug Howlett, Dan Carter ou Byron Kelleher (le néo-toulousain) fait figure de spectre. Et comme si cela ne suffisait pas, la charnière Carter-Kelleher, pratiquant le rugby comme un métronome, peaufinent les phases offensives pour faire valser les défenses de plus en plus resserrées. Et vu le tempo déjà dantesque de leur jeu, la saison des Kiwis devrait tomber à l’automne. À moins que le symptôme Coupe du Monde les touchent de nouveau et ruinent la récolte : toujours favoris mais une seule fois vainqueurs (1987) car l’adversité se transcende…pour manger du black !






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