Bistouri surprise
Quand l'amour ne supporte plus la violence du temps qui s'écoule et que passer sous le billard ne fait plus scandale de nos jours, jusqu'où une femme est prête à aller ? Avec "Time" *, Kim Ki-duk, le boulimique de l'étrange et du minimal zen, nous livre une de ses productions les plus expressives à ce jour.
Figure de proue du cinéma sud coréen depuis maintenant dix ans, Kim Ki-duk tourne frénétiquement depuis le sublime "Printemps, été, automne, hiver... et printemps" qui a révélé son oeuvre au grand public en 2004. Après "Locataires", puis "l'Arc" en 2005, ce singulier cinéaste nous livre son treizième film : "Time", une métaphore sombre sur le désir d'éternel. Par peur obsessionnelle que son mari la laisse tombé pour une autre, See-hee décide soudainement après une violente dispute avec Ji-woo, de se faire entièrement refaire le visage. Débute alors cinq longs mois d'attente sous un masque.
Mélancolique, étrange et désespéré à la fois, "Time" est un grand drame contemporain autour de l'importance capitale de l'apparence dans notre société. Extrême dans ses proportions, le geste impulsif de la jeune femme See-he possède en fait un impact froidement universel auquel chacun peut s'identifier, ce qui fait la force du film.
Accessible, plus expressif, mais à la fois moins abouti que ces précédentes productions, le film de Kim Ki-duk recycle par bribes toutes les thématiques chères au réalisateur et s'achève par un élan philosophique à minima. Fort de constater la puissance émotionnelle et dramatique du récit, le Sud-coréen en oublie presque de chérir la réalisation et la mise en scène comme à son habitude. Qu'importe, "Time" reste d'une excellente facture.
* sortie le 8 août 2007






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