Et toi tu skouates où ? (2ème partie)
Suite de "Et toi tu skouates où ?" (1ère partie), à lire ou relire ici
Mais le tableau n’est pas si noir, a l’image du centre culturel « Pekarna » à Maribor, au nord de la Slovénie, qui met en ce moment sur place un plan de réhabilitation conciliant l’esprit skouat des débuts et la volonté d’agrandissement et d’ouverture. L’histoire de Pekarna commence en 1994 lorsque l’armée yougoslave se retire et laisse derrière elle un immense complexe d’espaces de stockage et de fours à pain (d’où le nom du centre « Pekarna », qui veut dire "boulangerie" en slovène). Des groupes d’artistes, de musiciens s’installent dans les locaux désertés et commencent à s’organiser sous formes d’associations. L’endroit devient vite très actif, riche en événements culturels improvisés, accueillant des groupes punk-grunge de la scène alternative et autres clubs undergrounds.
Quelques travaux ont été entrepris pour adapter les infrastructures au nouveau type d’activité, mais les financements venant principalement des usagers eux-même, le besoin d’être reconnu au niveau de la municipalité se fait rapidement sentir.
Aujourd’hui, nous explique l’ancien directeur des lieux Borut Wenzel, les choses n’ont pas beaucoup changé : "nous nous battons toujours contre la démolition des lieux et demandons le statut légal depuis le début. Maintenant, nous pouvons organiser des évènements en toute légalité, mais nous sommes encore dans l’illégalité. Pekarna a le statut officiel de centre indépendant, ce qui signifie que le propriétaire tolère ce qui se passe au sein du centre, mais ne le supporte qu’en partie."
Comment faire évoluer la situation ? c’est le défi auquel les membres de la direction font face avec leur plan de restructuration. Si le processus d’adaptation avait déjà commencé en 1996 lorsqu’un groupe d’étudiants en architecture avaient conçu de nouveaux plans pour Pekarna, ce n’est que cette année que le projet prend vraiment forme. Il ne s’agit pas seulement de restaurer les bâtiments et se conformer aux standards d’un centre culturel, nous affirme Borut non sans enthousiasme, mais aussi d’expérimenter un nouveau concept de managing model : « En connectant les 40 différents groupes qui utilisent Pekarna, nous espérons offrir une grande diversité d’activités et nourrir une dynamique permanente de l’échange. Le centre fonctionnerait 24/24 et serait comme un lieu d’incubation pour de nouveaux projets. ».
Aujourd’hui, nous explique l’ancien directeur des lieux Borut Wenzel, les choses n’ont pas beaucoup changé : "nous nous battons toujours contre la démolition des lieux et demandons le statut légal depuis le début. Maintenant, nous pouvons organiser des évènements en toute légalité, mais nous sommes encore dans l’illégalité. Pekarna a le statut officiel de centre indépendant, ce qui signifie que le propriétaire tolère ce qui se passe au sein du centre, mais ne le supporte qu’en partie."
Comment faire évoluer la situation ? c’est le défi auquel les membres de la direction font face avec leur plan de restructuration. Si le processus d’adaptation avait déjà commencé en 1996 lorsqu’un groupe d’étudiants en architecture avaient conçu de nouveaux plans pour Pekarna, ce n’est que cette année que le projet prend vraiment forme. Il ne s’agit pas seulement de restaurer les bâtiments et se conformer aux standards d’un centre culturel, nous affirme Borut non sans enthousiasme, mais aussi d’expérimenter un nouveau concept de managing model : « En connectant les 40 différents groupes qui utilisent Pekarna, nous espérons offrir une grande diversité d’activités et nourrir une dynamique permanente de l’échange. Le centre fonctionnerait 24/24 et serait comme un lieu d’incubation pour de nouveaux projets. ».
Le bâtiment qui accueille le centre d’information se transformerait en auberge de jeunesse, la salle de concert serait agrandie et l' espace exposition-performances serait éclairci par la percée de grandes vitres de chaque cotés. Il ne s’agit donc certainement pas de tout démolir pour tout reconstruire, car ces bâtiments bénéficient d’une valeur architecturale indéniable et même d’un certain intérêt patrimonial, mais il s’agit plutôt de mise en valeur et d’adaptation.
C’est donc un projet ambitieux et optimiste, mais il reste encore quelques défis à relever avant de se mettre à l’œuvre, le premier étant de mettre d’accord tous les utilisateurs indépendants pour travailler ensemble, ce qui n’est pas forcément une mince affaire lorsque certains qui sont la depuis plus de 10 ans, ont participé a l’élaboration de Pekarna de leur propres mains et veulent aujourd’hui se garder une part du gâteau.
C’est donc un projet ambitieux et optimiste, mais il reste encore quelques défis à relever avant de se mettre à l’œuvre, le premier étant de mettre d’accord tous les utilisateurs indépendants pour travailler ensemble, ce qui n’est pas forcément une mince affaire lorsque certains qui sont la depuis plus de 10 ans, ont participé a l’élaboration de Pekarna de leur propres mains et veulent aujourd’hui se garder une part du gâteau.
Aux dires de Borut, le projet n’est pas encore officiellement accepté en terme de procédure administrative, mais c’est sur la bonne voie… « la municipalité est prête a légaliser Pekarna et devenir un des investisseur pour les frais de restauration. Nous bénéficions aussi de l’appui du ministère de la culture slovène. »
Avec la culture comme avec tout le reste , il est souvent beaucoup question d’intérêts et d’argent.
Le statut de capitale européenne pour la ville de Maribor en 2009, a sûrement du jouer dans la balance des décisions municipales.
( www.pekarna.org )
Du petit au grand skouat, encore une fois c’est la diversité qui prime. En effet, rare sont les organisations communautaires qui, comme Pekarna, accèdent au statut de quasi institution, et c’est sûrement tant mieux pour les habitués des skouats qui y voient un lieu d’intimité plus que de phénomène.
En tout cas, vous l’aurez compris, on peut maintenant difficilement parler de skouat sans parler de la culture du skouat, car il existe bien une culture du skouat que certains revendiquent même comme un idéal de vie.
Si l’on demande a Nicolas, 22 ans, ce qu’il veut faire plus tard, il nous répond « avoir un lieux communautaire dans un chouette environnement, un lieu qui brasserait pleins de gens et de cultures, un truc cool quoi… ». Et il n’est pas le seul a avoir les mots de communautarisme, autogestion, alternatif pendus aux lèvres. Nombreux sont ceux qui ont goûté aux joies du skouat et qui envisagent désormais difficilement tout retour à la vie « en société ». Certains envisagent même des tours du monde de skouat en skouat, Comme Denis, un lithuanien qui, à 20 ans, entame un périple en auto-stop dans les lieux vibrants de la culture alternative de l’Europe de l’est, et nous raconte, les yeux brillants d’émotion, toutes les rencontres inoubliables qu’il a faites.
Mais que se cache t’il à la fin derrière le mot skouat ? quel est ce doux idéal qui les attire tous autant ?
C’est vrai qu’il y a le désir quelque part, un peu anarchique, souvent politique, de vivre à l’écart d’un monde dont on ne partage pas les valeur, cette envie de ne rendre de comptes à personne, surtout pas à l’état.
Si ces rêveurs marginaux sont souvent taxés d’idéalisme naïfs boostés à la poésie et aux drogues douces, il y a derrière tout ça une crédibilité qu’il vaut la peine d’entendre, notamment le désir de fonder une autre société fonctionnant sur les bases du volontariat et de la solidarité plutôt que de l’argent et de la compétitivité. C’est ce même désir de groupe, d’organisation à une petite échelle, qui suscite en ce moment un boom phénoménal de la création d’associations : se créer un petit monde à soi que l’on peut gérer et organiser selon ses propres règles, espace de liberté et de créativité privilégié, reclus compréhensible face à une société de plus en plus éclatée, éparpillée, divisible et difficile à saisir.
Avec la culture comme avec tout le reste , il est souvent beaucoup question d’intérêts et d’argent.
Le statut de capitale européenne pour la ville de Maribor en 2009, a sûrement du jouer dans la balance des décisions municipales.
( www.pekarna.org )
Du petit au grand skouat, encore une fois c’est la diversité qui prime. En effet, rare sont les organisations communautaires qui, comme Pekarna, accèdent au statut de quasi institution, et c’est sûrement tant mieux pour les habitués des skouats qui y voient un lieu d’intimité plus que de phénomène.
En tout cas, vous l’aurez compris, on peut maintenant difficilement parler de skouat sans parler de la culture du skouat, car il existe bien une culture du skouat que certains revendiquent même comme un idéal de vie.
Si l’on demande a Nicolas, 22 ans, ce qu’il veut faire plus tard, il nous répond « avoir un lieux communautaire dans un chouette environnement, un lieu qui brasserait pleins de gens et de cultures, un truc cool quoi… ». Et il n’est pas le seul a avoir les mots de communautarisme, autogestion, alternatif pendus aux lèvres. Nombreux sont ceux qui ont goûté aux joies du skouat et qui envisagent désormais difficilement tout retour à la vie « en société ». Certains envisagent même des tours du monde de skouat en skouat, Comme Denis, un lithuanien qui, à 20 ans, entame un périple en auto-stop dans les lieux vibrants de la culture alternative de l’Europe de l’est, et nous raconte, les yeux brillants d’émotion, toutes les rencontres inoubliables qu’il a faites.
Mais que se cache t’il à la fin derrière le mot skouat ? quel est ce doux idéal qui les attire tous autant ?
C’est vrai qu’il y a le désir quelque part, un peu anarchique, souvent politique, de vivre à l’écart d’un monde dont on ne partage pas les valeur, cette envie de ne rendre de comptes à personne, surtout pas à l’état.
Si ces rêveurs marginaux sont souvent taxés d’idéalisme naïfs boostés à la poésie et aux drogues douces, il y a derrière tout ça une crédibilité qu’il vaut la peine d’entendre, notamment le désir de fonder une autre société fonctionnant sur les bases du volontariat et de la solidarité plutôt que de l’argent et de la compétitivité. C’est ce même désir de groupe, d’organisation à une petite échelle, qui suscite en ce moment un boom phénoménal de la création d’associations : se créer un petit monde à soi que l’on peut gérer et organiser selon ses propres règles, espace de liberté et de créativité privilégié, reclus compréhensible face à une société de plus en plus éclatée, éparpillée, divisible et difficile à saisir.
Mathilde Baud






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