L'équipe de France faisait partie des favoris de l'Euro basket... et ils sont passés complètement à côté de leur sujet. En terminant huitièmes de la compétition, ils ont même tiré un trait sur les Jeux Olympiques de Pékin. Ce qui risque de totalement remettre en question l'avenir des Bleus.
Un coach sur la sellette
A l'issue de cet Euro espagnol, il est temps de distribuer les bons et mauvais points. Et pour les Bleus, il sera plus facile de trouver les mauvais que les bons. Pauvreté collective malgré des joueurs comme Tony Parker ou Boris Diaw à la manœuvre, faiblesse au tir que la blessure d'Aymeric Jeanneau n'a pas aidé, l'équipe de France était très loin du niveau que ne le laissait entrevoir son effectif ou même sa préparation. Il ne faut pas oublier qu'à moins de quinze jours du coup d'envoi de la compétition, les Bleus avaient laminé les Russes, futurs champions d'Europe, de plus de trente points dans le cadre du tournoi de Paris ! Et comme souvent lors des échecs dans le domaine du sport, l’entraîneur se retrouve sur le banc des accusés.
Même le président de la Fédération se présentait comme partie civile lors du procès Bergeaud : « Claude Bergeaud , qui a obtenu par le passé de bons résultats doit faire son bilan. Et c’est à lui de prendre ses responsabilités. Sur le match (NDLR : contre la Slovénie, match pour la 7ème place), il m’a seulement semblé qu’il y avait eu des changements bizarres. C’est l’occasion de rebâtir, de rajeunir. » En clair, Yvan Mainini demande, à peine poliment, à Claude Bergeaud de faire ses bagages et de rentrer dans son Béarn. Chose que le sélectionneur n’a pas fait...pour le moment, peut-être grâce à l’appui de ses joueurs et notamment de TP : « Surtout, n’allez pas demander la tête du coach, c’est bidon. Ce n’est pas lui qui était sur le terrain. Avec nous, il a toujours fait du bon boulot. Et qui prendrait sa place ? ». Mais Tony ne semble pas bien renseigné sur les prétendants au siège de coach des Bleus au sein du basket français et l’avenir de Bergeaud à ce poste est plus que jamais compromis.
Des qualifs sans star
L’échec à l’Euro 2007 entraîne un autre problème. L’équipe de France devra disputer les éliminatoires du prochain Euro, qui aura lieu en 2009. Or, ces qualifications auront lieu en novembre 2008. Autrement dit en plein lancement de la saison NBA. Donc inutile de compter sur Messieurs Parker, Diaw, Turiaf et Diawara. Ca coûte trop cher aux franchises NBA de se passer de leurs joueurs pour les laisser disputer des matches occultes (demandez à un Américain ce qu’il pense des qualifications du Championnat d’Europe de basket, vous verrez si ce n’est pas occulte !) sur les parquets européens.
L’affaire Diaw et de l’assurance pour son dos qui a précédé cet Euro en est un signe avant-coureur. Bref, il ne faudra pas compter sur nos « Américains » pour aller chercher notre billet pour l’Euro polonais. Les Bleus auront certainement les moyens de faire sans, mais ça sera quand même moins simple. D’autre part, Frédéric Weis, le pivot de l’équipe de France, a quant à lui décidé de prendre sa retraite internationale. Il faudra donc faire appel à la new generation.
La relève arrive
Et cette nouvelle génération, elle ne semble pas manquer de talent. Effectivement, l'équipe de France juniors est championne d'Europe en titre et vient de terminer sur la troisième marche du podium lors du dernier Mondial. Parmi les joueurs qui pourraient rapidement passer le cap et arriver chez les A, on trouve Nicolas Batum, Antoine Diot, Edwin Jackson, Abdoulaye M'Baye ou encore Adrien Moerman.
Nicolas Batum est un jeune ailier élu MVP espoirs du dernier championnat de France, au sein de l'équipe du Mans. Il a également été désigné MVP du Championnat d'Europe juniors gagné en 2006.
Antoine Diot est peut-être le plus grand espoir du basket français. En tant qu'arrière, il fut élu MVP de l'Euro cadets 2005. Il a décidé de rejoindre Batum au MSB pour la saison 2007/08.
Edwin Jackson, arrière, n'est autre que le fils d'un certain Skeeter Jackson qui a été sélectionné à 38 reprises en équipe de France à la fin des années 80.
Abdoulaye M'Baye est le véritable leader offensif de cette génération. Capable d'alterner jeux extérieurs et pénétrations au sein des défenses adverses, M'Baye veut s'imposer comme meneur dans son club de Dijon et pourquoi pas un jour en équipe de France.
Enfin, Adrien Moerman a beaucoup brillé à l'intérieur avec l'équipe de France juniors. Il a aussi réussi de beaux débuts en Pro A sous le maillot de Roanne. Il fait donc partie du groupe champion de France 2007. Il voudra se perfectionner en Pro B avec Nanterre lors de cette saison 2007/08.
Bref, il y a beaucoup de jeunes talentueux qui vont frapper à la porte de l'équipe de France. Comme quoi, malgré le terrible constat de l'Euro 2007, l'espoir demeure.
Florent Sachot