Rugby - Le Pays de Galles veut enflammer le monde
A deux semaines du coup d'envoi de la sixième Coupe du Monde de rugby, jetons un coup d'œil sur le XV du Pays de Galles, prochain adversaire de l'équipe de France en match de préparation ce dimanche 26 août.
La Révolution Rouge
C’est le sélectionneur Gareth Jenkins qui l’a dit, les Gallois vont disputer ce Mondial pour le gagner.
En effet, les spécialistes estimaient que dans un pays de moins de trois millions d’habitants, le nombre de rugbymen professionnels devait être limité à une centaine d’individus, pas plus. Sous l’impulsion de David Moffett, un Anglo-Australien (ça fait bien dans le monde du rugby d’être « Anglo-Australien » !) père des « franchises » du Super 12 dans l’hémisphère sud, quatre gros clubs vont survivre au tremblement de terre (au départ, ils étaient cinq mais les Celtic Warriors -réunion de Pontypridd et Bridgend justement- a coulé financièrement) : les Ospreys, les Gwent Dragons, les Cardiff Blues et les Llanelli Scarlets.
Depuis, ces quatre clubs jouent régulièrement les premiers rôles dans la Ligue Celtique. C’est une sorte de « NBA-fication » (si vous me permettez ce néologisme) du rugby européen. On place un gros investisseur à la base d’une franchise et à coup de millions d’euros, on construit une marque (plus qu’un club) avec ses produits dérivés et accessoirement son équipe de rugby.
Et après...
Au niveau de la sélection, cet écrémage n’est certainement pas étranger au Grand Chelem réussi par les Dragons aux plumes d’autruche (et oui, le symbole sur l’emblème représente des plumes d’autruche et pas un poireau comme on l’entend bien souvent !).
Cet été, après deux défaites en Australie (futur adversaire des Gallois en poule au Mondial), l’une large, l’autre moins, les Diables Rouges ont été corrigés par l’Angleterre (62-5)... qui a perdu deux fois face aux Bleus ! Mais derrière, le XV du poireau (ou de l’autruche, c’est comme vous le sentez) a battu l’Argentine, nouvelle équipe à la mode depuis deux ou trois ans. Bref, le Pays de Galles alterne le bon et le moins bon. Difficile donc de les considérer comme un favori et même comme un réel outsider dans la course au titre mondial. En Coupe du Monde, il y a huit matches à gagner, pas évident que les Gallois arrivent à réaliser un tel exploit.
Les atouts pour gagner
Principales qualités de la sélection galloise, son homogénéité et son envie. Malgré quelques hommes forts, cette équipe ne possède pas de véritable star du type Johnny Wilkinson ou Jonah Lomu (ce ne sont que des exemples, rien d’exhaustif là dedans). Elle peut toutefois s’appuyer sur certains joueurs expérimentés comme son troisième ligne Martyn Williams ou son demi d’ouverture, l’ancien Clermontois Stephen Jones. A suivre également les deux frères de la première ligne, Messieurs Duncan et Adam Jones (ne cherchez pas d’erreur, dans la liste des 30 sélectionnés, on trouve pas moins de 5 « Jones »).
Mais l’homme qui attirera principalement les regards des observateurs est certainement James Hook. Le jeune demi d’ouverture de 20 ans a été élu meilleur espoir gallois de la dernière saison et est en passe de pousser le vieux Jones (je veux parler de Stephen, cette fois-ci. Remarquez, il n’est pas si vieux que cela, il n’a que 29 ans) sur la touche. Sa polyvalence peut aussi lui permettre de jouer au centre, voire à l’arrière. Il sera à coup sûr, l’une des stars du rugby européen de ces prochaines années. En revanche, le fan de ces demoiselles et ancien prodige Gavin Henson sera absent en raison de sa méforme permanente et d'une motivation remise en cause. Depuis de nombreux mois, le séduisant trois quart centre faisait plus les couvertures des magazines de mode que des gazettes sportives.
Autre avantage pour les Gallois, malgré le fait que cette Coupe du Monde ait lieu en France, ceux-ci joueront deux de leurs matches du premier tour, dont le choc face à l’Australie (et le match contre le Japon), chez eux, au Millenium Park de Cardiff. Bizarre cette organisation ? Certes, mais il y a huit ans, c’est la France qui en avait profité. C’était le Pays de Galles qui organisait et les Bleus ont joué quelques matches en France. Alors, rendons-leur la monnaie de leur pièce.
Avant d’ouvrir sa Coupe du Monde face au Canada à Nantes le 9 septembre, le XV gallois retrouve donc l’équipe de France, ce dimanche. Histoire de voir s'il y a de l'espoir...






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