Les Springboks à la relance

À 11 jours de l’ouverture de la Coupe du Monde de rugby, Shotactu poursuit la série de présentation des équipes favorites. Aujourd’hui, l’Afrique du Sud que l’on entend peu alors qu’elle devrait faire des étincelles. Un silence pour ne pas décevoir comme en 2003 ?
Casquette vissée sur la tête, la Coupe Webb Ellis à la main, maillot vert et or floqué du n°6, ovationné par tout un stade sud-africain uni entre blancs et noirs. Non, ce n’est pas le mythique capitaine Boks, François Pienaar, que l’on décrit là mais bien Nelson Mandela ! Les deux hommes ont ce jour là que leur couleur de peau comme différence. C’est donc tout un symbole que de voir le président Mandela remettre le trophée mondial à Pienaar, en 1995, soit 3 ans après le retour du pays dans le rugby mondial, après 10 ans de purge d’apartheid. Cette ségrégation qui prend une fin définitive par le sport. Le miracle ne durera qu’un temps. Dès 1997, le sélectionneur André Markgraaff s’en va en laissant des propos racistes. Août 2003, le colosse Geo Cronjé est viré d’un camp d’entraînement pour actes douteux. L’apartheid a sévit sur la société, le rugby n’en est que le reflet.
C’est ainsi que 2003 est dramatique : L’épisode Cronjé, des clans indéboulonnables et un Mondial très terne : défaite face à l’Angleterre (6-25) et en quart face à la Nouvelle-Zélande (9-29). La vision positive dira que 2003 est l’an 0 puisque tout est balayé pour que les Sud Af’ retrouvent l’éclat arc-en-ciel de leur nation. Sauf que l’on est passé du tout au tout avec l’arrivée de jeunes pousses à la place de vieux buissons. Et la plantation a bien donné avec, dès 2004, le Tri-Nation ! Le second après 1998.
Puis avec de l’entretien basé sur le combat et de la spontanéité, la pépinière est à maturité. Au bon moment, en plus ! Le jardinage sur le long terme a fait des Boks le seul squad victorieux des All Blacks en 2006, tout de même. Sans oublier, la première victoire depuis 10 ans à Twinckeham sur les champions du monde anglais 25-14, cela, 10 mois avant le Mondial.
En bref, que du bon ! Excepté ce Tri-Nations 2007. Chiffré, cela donne 1 vic, 3 déf, 66 pts mis, 83 encaissés. Dans les faits, le succès sur l’Australie (22-19) a été obtenue dans les derniers instants par deux drops de François Steyn. En 19 min, le plus jeune joueur des Boks depuis 80 ans est devenu une star. Quant aux défaites, il y a toujours eu 10 min de trop. Alors qu’ils résistaient fermement aux Blacks, ils ont encaissé 5 essais durant cette période lors des deux matchs. Malgré tout, on se demande si Jack White, le coach Sud Af’ n’était pas là-dessous pour cacher la valeur de son team.
Car J.White, c’est le genre R.Domenech. Tandis qu’il avait laissé 20 joueurs au repos pour le Tri-Nations, certains ont demandé l’exclusion des Africains car l’équipe C des Boks n’a pas pu remplir le Telstra Stadium de Sydney ! Écho de White réjouie : « J’ai l’impression d’être la star de la semaine ». Toujours déguisé en portier d’hôtel avec sa veste verte, White aime bien taquiner. À John Connolly, homologue wallabie, il lui apprend son métier : « l’entrée en mêlée ne doit pas se faire avant le commandement de l’arbitre ». À ces derniers, il leur reproche leur trouille envers les Blacks, notamment Ritchie McCaw. Selon White, comme il s’appelle McCaw, on lui oublie des cartons. Jack Raymond White, on vous dit.
Le clou est enfoncé avec la venue d’Eddie Jones, l’ex-coach aussie, au sein de son staff comme consultant technique. En se disant qu’un possible Boks-Wallabies aura lieu en quart, on se régale d’avance.
Pour ça, 21 joueurs ayant disputés la dernière finale du Super 14 ont été sélectionnés : 11 des Bulls, 10 des Sharks. Mais uniquement 6 joueurs sont de couleurs alors White (le bien-nommé) s’attend à des critiques politiques.
Sinon, les stars sont là. Pietrus du Randt, baptisé « le bœuf » pour son cou proéminent, étant le seul rescapé du triomphe 1995. Percy Montgomery, néo-perpignanais et recordman de points en test-match pour les Boks (721) est là, ainsi que Victor Matfield. Autant White est Domenech, autant Matfield est Chabal. Barbe, cheveux longs, 2m, 110kg, ce 2è ligne impérial en touche est un ratisseur hors-norme. À 30 ans, « Mattie » a glané le Super 14 avec les Bulls cette année. Toulon attend déjà le meilleur joueur du Top 12 et meilleur Sud Af’ en 2005 (merci le portefeuille de Mourad Boudjellal !)
Le plus triste est l’absence de Pierre Spies, ce magnifique 2è ligne atteint d’une embolie pulmonaire à 22 ans. Un premier médecin a repéré des caillots de sang dans les poumons en juillet. Ne voulant y croire, Spies consulte un second médecin apparemment incompétent car un 3ème doc confirme l’embolie. Fin de carrière ? L’hérédité entre en jeu mais il « reste positif et croit en ce que Dieu a planifié pour moi. »
Encore un joueur en moins puisque beaucoup vont manquer après le Mondial. Par la voix de son président Oregan Hoskins, la fédé a décidée de ne plus sélectionner les joueurs expatriés car « on veut récompenser les gars qui jouent au pays ». Évoluer sans Smit, Matfield ou Botha, est-ce bien sérieux ?






2 commentaires:
Il est excellent White, je pense qu'effectivement l'Afrique du Sud ne devrait pas être ridicule cette année, bonne présentation ! Vous allez présenter les plus petites équipes comme l'Italie, le Portugal etc ?
Merci Joël!
Je pense comme vous que l'Afrique du Sud ira minimum en demi. Pour ce qui est des présentations des autres équipes, je ne saurais vous répondre, je ne suis que simple rédacteur...lol.
Il vaut mieux poser cette question aux créateurs du blog (Thibault et Fabien). Mais je ne crois pas que ces "petites" équipes auront droit un un zoom particulier car malheureusement nous devrions les voir que très peu de temps. C'est encore plus vrai pour la Portugal (leur match contre les Blacks pour leur 1er Mondial est une superbe récomprense mais attention au score et surtout physiquement: faire jouer des amateurs face aux surpuissants Néo-Z peut provoquer de la casse...)
Quant à l'Italie, elle vient de sortir d'après moi des "petites équipes". Ce n'est pas un poids lourd mais les quarts sont largement faisable. Derrière les Blacks, la 2è place qualificative devrait leur revenir: la victoire face à l'Ecosse est une réalité. Les quarts pour eux prouveraient que le rugby évolue et récompenseraient le talent des coach français comme Berizier à la tête de la Nazionale.
Voilà un superficiel avis des deux équipes citées. Mais votre avis nous intéresse et en connaisseur du rugby que vous devez être, laissez nous des commentaires sur vos pronostics, humeur...nous tenterons d'y répondre.
En vous remerciant. Restez-nous fidèles!
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